Vous avez peut-être vu passer l'information : les impôts ont été piratés. Derrière ce raccourci, la réalité est un peu différente, et surtout, elle concerne une grande partie de la Corse comme du reste de la France. Voici ce qui s'est vraiment passé, sans jargon, et ce qu'il faut faire dans les prochains jours si vous êtes concerné.
Ce qui s'est passé, expliqué simplement
Fin juin puis en juillet 2026, une personne malveillante a réussi à se connecter au système informatique de la Direction générale des Finances publiques (DGFiP), l'administration qui gère impots.gouv.fr. Elle n'a pas « piraté » un coffre-fort au sens technique du terme : elle a utilisé les identifiants de connexion d'un agent de la DGFiP et d'un partenaire autorisé, volés au préalable. C'est une différence importante à comprendre : le système lui-même n'a pas de faille béante, ce sont des accès légitimes qui ont été détournés.
L'attaque a été rendue publique les 12 et 13 août par le pirate lui-même, connu sous le pseudonyme ZeroBytes. Le ministère de l'Économie et des Finances l'a confirmée officiellement le 14 août, et le parquet de Paris a ouvert une enquête.
Les identifiants volés d'un seul agent peuvent donner accès aux données de centaines de milliers de personnes.
Qui est concerné, et comment le savoir
Environ 678 000 particuliers et professionnels sont concernés, dont un peu plus de 350 000 particuliers identifiés précisément par la DGFiP. Pour moins de 250 contribuables, le contenu d'échanges passés par la messagerie d'impots.gouv.fr a également pu être consulté. Une autre attaque, fin juillet, a visé le service des données cadastrales et pourrait élargir le nombre total de personnes concernées.
Vous n'avez aucune démarche à faire pour savoir si vous êtes concerné. La DGFiP contacte directement, par email, les personnes identifiées. Si vous ne recevez rien, il est simplement utile de rester attentif et de consulter de temps en temps votre espace personnel sur impots.gouv.fr.
Reconnaître le vrai email de la DGFiP
Depuis le 17 août, la DGFiP envoie une notification individuelle aux personnes concernées, avec pour objet « Consultation illégitime de vos informations fiscales ». Ce mail provient uniquement de l'adresse @dgfip.finances.gouv.fr. Vérifiez toujours cette adresse avant de faire quoi que ce soit.
L'administration fiscale ne demande jamais d'informations confidentielles par email, SMS ou téléphone. Les seuls échanges sécurisés passent par la messagerie de votre espace impots.gouv.fr, où vous vous connectez vous-même, sans passer par un lien reçu.
La marche à suivre dans les prochains jours
Si vous recevez la notification de la DGFiP, ne cliquez sur aucun lien qu'elle contient. Connectez-vous directement à impots.gouv.fr en tapant l'adresse vous-même dans votre navigateur.
Le mot de passe de votre compte n'a pas été compromis, vous n'êtes pas obligé de le changer. La DGFiP recommande en revanche de renseigner et valider votre numéro de portable dans votre espace personnel, pour sécuriser davantage l'accès à votre compte.
Dans les semaines qui viennent, restez particulièrement attentif aux appels, SMS ou emails qui utiliseraient de vraies informations fiscales pour paraître crédibles : c'est exactement le type d'arnaque que ces données permettent de construire. En cas de doute sur un message, raccrochez ou ne répondez pas, puis recontactez vous-même les services concernés par leurs canaux officiels. Si vous constatez une fraude avérée, comme une tentative d'usurpation d'identité ou une demande de paiement suspecte, conservez toutes les preuves et déposez plainte.
Ce qu'il ne faut surtout pas faire
- Cliquer sur un lien reçu par email ou SMS qui annonce le piratage, même s'il semble officiel.
- Transmettre un RIB, un mot de passe ou un code à un interlocuteur qui vous appelle, même s'il connaît des détails fiscaux réels vous concernant : c'est justement ce que ces données permettent.
- Payer dans l'urgence une somme réclamée par téléphone en se présentant comme les impôts. Aucune administration ne fonctionne ainsi.
Comment réagir sereinement si un doute survient
Ce type d'attaque ne vise pas votre ordinateur, mais l'administration elle même : vous ne pouvez rien empêcher en amont. Ce qui compte, c'est de bien réagir si un mail ou un appel suspect exploite ces données. Avec PC PROTÉGÉ, vous avez un technicien identifié à Ajaccio à qui poser la question directement, plutôt que de trancher seul dans l'urgence.
Informations vérifiées le 18 août 2026 à partir des communications officielles de Bercy et de plusieurs médias nationaux. La situation évolue, consultez impots.gouv.fr pour toute mise à jour officielle.